Sur la une, une émission people sur Carla et le président…

30 Novembre 2008
F... dort à l’étage et je l’entends bouger au-dessus de ma tête. Regardé sur internet les prix des appartements à Bordeaux. Finalement, dans les prix, on a trouvé un appartement avec parking, dans le quartier de la rue Sainte-Catherine. J’essaie d’écrire un peu, mais je n’arrive pas forcément à me concentrer. J’ai encore changé les meubles de place. Mon fils est venu dîner avec son copain qui va avoir un demi-frère. Moi, je me suis acheté un pantalon et un anorak. A la radio, ils annoncent qu’ils vont fermer le zoo de Vincennes. Il est temps qu’ils retapent ce lieu sinistre ou qu’ils le ferment. Des animaux atteints de sinistrose, une équipe réduite, des installations en très mauvais état. La prison pour des animaux, dans de conditions déplorables. Attentats islamistes à Bombay : peu de survivants semble t il de ce carnage. La météo et cette loi sur la réquisition des logements qui devrait enfin passer. Les morts de la rue,ceux dont parlait Bill Deraime, des gens ont la cinquantaine et qui crèvent dans la rue, en ville ou dans les bois périphériques ! entre-temps, on leur met des amendes parce qu’ils campent en pleine ville sous leur tente ! Faut il les mettre de force en hébergement, dans des conditions à peu près équivalentes à celles du zoo de Vincennes. Tout ça est terriblement dégueulasse ! J’en ai marre de vivre dans un truc pareil : le président avait promis qu’on ne mourrait plus jamais dans la rue. J’arrive enfin à faire comprendre à F... qu’en matière d’insertion, les choses ne sont pas si simples. Je fais mes courses en remplissant chichement le caddie des gens de la banque alimentaire et d’abord elle est surprise, puis elle ne dit rien et réagit avec moi. Je suis heureux de cette évolution. Sur France Info, Valérie de France bleue (pardon, j’ai oublié ton nom de famille à l’instant…) fait un bon reportage sur la banque alimentaire de Périgueux et son mal à nourrir les familles dans le besoin de ma région. Je nous encourage donc à aider ces gens. Sur la une, une émission people sur Carla et le président… les président a enfin trouvé son rythme, la première dame de France s’occupe d’action caritatives et vend ses albums ! Ce matin, je me lève tôt ; je suspend mes photos dans les toilettes, les affiches, les photos de Russie, de chine et la photo de moi dans ce journal autrichien avec l’actuelle première dame de France, Carla Bruni. J’écris un peu et monte me recoucher encore dès que j’entends des bruits en haut… puis me relève et regarde par la fenêtre un geai bleu assez rigolo qui saute de branches en branches. Je le suis avec mes jumelles; il cherche des insectes, de petits mulots dans la terre retournée et gelée. C’est la deuxième fois que j’en observe un en pleine ville en une douzaine d’années et je suis content de revivre ce moment : il y a de moins en moins d’oiseau dans le jardins, de plus en plus de types qui crèvent dans les bois, de moins en moins de famille qui vivent à l’intérieur des grandes villes, plus du tout de gens qui s’en sortent dans les campagnes. F... repart pour Paris. Elle remplit une feuille de papier : choses à faire et pose la liste sur mon joli nouveau bureau. Elle monte dans le train et s’en va. Je rentre à la maison et cherche le geai bleu dans le jardin.
migraine de gueule de bois.

29 Novembre 2008
Je me lève le matin avec une migraine de gueule de bois, la tête prête à exploser. Je regarde par la fenêtre et dans le jardin, je vois une paire de chaussures de femme posées sur le muret. Il fait moins 10 et je me demande tout à coup si personne n’a passé la nuit ici. J’aurai oublié ce qui s’est passé. Puis je vois l’ancienne propriétaire de ma maison qui jardine par -10 dans mon jardin avec ses sabots et qui déterre l’un de mes rosiers puis embarque des outils qu’elle avait oublié ici lors de son déménagement. Elle est rentrée avec l’une de ses anciennes clés, qu’elle laisse dans la boite aux lettres puis elle s’en va. Moi je me lève un peu surpris. Je me prépare à partir pour bordeaux. Je travaille un peu sur mon ordinateur, puis je nettoie le pare-brise de la voiture, totalement givré avant de partir pour bordeaux. Ma migraine commence à passer un peu et je roule sur l’autoroute tout en téléphonant parce que je vais arriver en retard. Je me gare rapidement sur le parking d’une entreprise et je grimpe chez Ariane Prod. Réunion autour d’un café pendant une heure et demie, sur mon nouveau projet. J’en profite pour faire écouter un bout de la démo du texte que je viens d’enregistrer. Les choses se précisent toujours. Je n’ai presque plus d’essence et je repars à la gare pour récupérer F.... Je n’ai plus d’essence et je finis quand même par me garer en double file sur un arrêt de bus face à la gare. Finalement je l’aperçois sortant de la gare et nous partons jusqu’à ce que je trouve une station service ouverte. Elle branche le GPS qui doit nous amener à Mérignac, devant l’entreprise où elle doit passer un entretien pour un job. Nous avons un peu de temps encore, malgré celui que nous avons perdu dans les embouteillages. Tous les restos sont fermés à cette heure là alors nous déjeunons au resto courte paille où je crois me souvenir qu’autrefois on y dînait arrosé d’un délicieux coteau du Ventoux. Puis j’accompagne F... devant son rendez vous à Mérignac et je m’endors quelques minutes dans la voiture pendant son entretien d’embauche. Je lis un peu « les cerfs volants de Kaboul » et nous repartons dès qu’elle revient. Nous parlons dans la voiture et comme bien sur l’entretien s’est bien passé elle commence vraiment à se demander ce qu’elle fera en cas de réponse positive… viendra, viendra pas à Bordeaux pour se rapprocher de moi. Nous en parlons et je sens qu’elle hésite à quitter paris et son boulot, ses filles. Mais je la comprends, j’imagine qu’il est dur de quitter ses habitudes de vie pour rejoindre un ancien coureur comme moi. Mais je ne me vois pas non plus continuer à faire la navette entre Périgueux et Bordeaux. J’imagine que nous finirons par nous quitter et qu’elle rencontrera un autre type au profil plus facile que moi. Mais nous commençons quand même à faire des plans, à regarder le prix des appartements, à évaluer le coût des choses. Un peu plus tard, nous marchons rue Sainte-Catherine en regardant les maisons. Il fait froid et nous faisons les 100 pas devant les vitrines. Nous dînons dans un impossible bar japonais ; je suis obligé de demander aux clients à côtés ce qu’ilS commandent parce que je ne comprends rien à la carte du restaurant. Les boutiques ferment et la vie nocturne bordelaise commence. Nous passons devant l’Utopia où l’on projette des films d’auteurs. « Des vieux films ? » me demande F.... Il se fait tard. Je suis sur la route depuis tôt ce matin. Nous reprenons la route pour Périgueux. Nous parlons, faisons des plans sur l’avenir et plus tard, faisons une pause sur une aire d’autoroute pendant quelques minutes, juste après le péage. Nous arrivons à Périgueux vers 22 heures 30 et bavardons encore avant de nous coucher. F... m’offre un pull marron et un pull noir que j’enfile aussitôt.
Il est 5 h30 du matin...

27 Novembre 2008
Il est 5 h30 du matin. Moi, je veux bien héberger un SDF en attendant. Si chacun en prend un sous sa douche, dans sa chambre d’ami, même sans abattement d’impôts, déjà ça arrangerait un peu les choses, azu lieu de pleurnicher tous les ans en mordant l’état qui ne fera jamais rien ! je vis seul ici ! je peux partager un plat de nouilles. Peut-être qu’à la longue, j’aurai besoin de l’aide sociale, de quelqu’un pour m’aider à gérer la situation parce que ça ne sera pas rose tous les jours de re-socialiser des gens qui ont lâché prise depuis longtemps. Si chacun s’il peut le faire en fait autant (même en échange d’une aide d’impôts, d’un suivi individuel)ça pourrait le faire ! Moi je suis ok ! je ne demande rien en échange ; Je vais m’y mettre. Ça m’est déjà arrivé, j’ai été volé, emmerdé, ça n’est pas évident, mais je pense que ça vaut le coup d’essayer. Pourquoi pas monter des structures de resocialisation qui encadreraient ceux qui sont ok pour recevoir des gens chez eux. Dans ma ville on dit qu’il n’y a pas de pauvres ! ou se cachent ils alors ? Encore passé la nuit à bavarder par téléphone avec F... sur notre projet de se rapprocher l’un de l’autre. Elle semble en avoir envie et avoir peur de perdre son travail ! elle a peur de l’homme que je suis, celui qui tourne en rond et qui ne sait pas se poser !qui lui a raconté qui je suis ? J’ai travaillé hier sur ce long texte, puis je commence à apprendre mon texte,à le mettre en bouche. Il est 6 heures. Je devais emmener mon fils ce matin à Sarlat, mais il a été malade cette nuit. Je ne sais donc pas ce que je vais faire de lui, mais il semblerait qu’il n’ira pas à l’école. Il vient de m’appeler. Il fait si froid ici. Ces 2 heures et demies de route aller-retour me fatiguent un peu, mais j’avoue que certains endroits me fascinent, surtout sous le brouillard matinal, le soleil pointant entre les arbres au bord de l’eau, dans la lumière rasante du petit matin. Je photographierai ce moment sans doute, car j’aimerai le partager avec vous, à l’occasion. Mais je me rends compte une fois de plus que je suis un piètre photographe ! Rien à faire de ce côté-là, donc à part bosser et aiguiser mon œil, mais je crois qu’il me faudrait plusieurs vies pour atteindre un résultat qui correspondrait à un critère de qualité. Je crois que je suis un homme de scène honnête et il vaut mieux que je continue à travailler cette qualité là ! Attaques d’occidentaux à Bombay ! Vague d’attentats simultanés dans des hôtels, des cafés ! Une centaine de morts parmi les autochtones et les étrangers. Le plombier appelle ! il ne viendra pas ! je crois donc que je vais encore reste ce week-end sans chauffage. C’est quand même moins grave que les attentats des extrémistes religieux en Inde, même à titre individuel, ça commence à me gonfler ! Comme disait Woody Allen « Non seulement Dieu n'existe pas mais en plus il est impossible de trouver un plombier le dimanche ». (Remarque : depuis quelques temps j’utilise ma mince culture google, lorsque je n’ai rien à vous dire, juste pour vous sortir quelques citations de types plus brillants que moi ! Parfois, il m’arrivait d’en inventer pour que vous me preniez plus au sérieux. A une époque quand je rompais avec une fille, pour me prouver qu’elle était pleine de sagesse ou pas si bête que ça, elle m’envoyait tout un tas de citations creuses sur l’amour, la vie, la marche du monde, du Mahatma Gandhi en passant par Umberto Eco, Paulo Coelho -l’auteur de l’alchimiste- et même parfois Walt Disney (le roi lion)et bientôt ce sera Obama mais j’ai toujours pensé que les gens étalaient des citations parce qu’ils n’ont rien à dire, rien à affirmer par eux-mêmes, qu’ils ne sont pas capable de citer les vraies sources de leur connaissance qui devrait nous être inculquée à l’école de la République: Rimbaud,Jean Jaurès( !),Jules Vallès, Victor Hugo, Robert Desnos, Verlaine, Flaubert, Balzac, Jean de La Fontaine, Baudelaire, René Char, Molière,Charles Trenet, Shakespeare, Kipling, Brassens, Ferré, Goethe,Dostoïevski, Félix et Michel Edouard Leclerc etc. on se retrouve encore en plein milieu de débat contemporain : culture ou connaissance ? Voir les définitions de ces 2 mots dans le Robert ! J’ai l’impression tout à coup de parler comme un vieux réac ! sorry !) J’ai du mal à me pencher sur mon ordinateur ! je sature un peu de travail et d’écriture. Aujourd’hui, je viens de nettoyer, ranger, cirer, teindre et réparer les vieux meubles qui appartenaient au passé de mes grands parents et de mes parents et qui me semblent parler d’eux-mêmes quand je les pose dans un coin de ma grande pièce. La maison se réchauffe un peu malgré tout. La lumière entre et se répand sur le parquet. Je pense à ce passage du livre de Michel Tournier « vendredi ou les limbes du Pacifique » quand Robinson se réveille le matin et respire l’odeur d’un fruit qui au fond de sa solitude lui rappelle sa mère qui cirait les parquets. Alors, en fermant les yeux pendant un instant, sur son île du Pacifique, il se croit rentré chez lui. Là, j’étale ma culture ou ma connaissance ?
« étonnants et magnifiques »

26 Novembre 2008
En face de ma chambre, du gel sur la colline !moins de 0 et un peu froid. Je pars pour la région de Bordeaux pour aller travailler avec Loïc sur ce texte musical que j’ai écrit ! le matin, nous enregistrons dans le home studio de Loïc . je suis venu en bagnole, j’ai roulé pendant une heure et demie. Il fait froid et j’ai du gratter le pare brise, pour la seconde fois de l’année. Mais, arrivé près de l’embouchure de la Dordogne, le soleil fait vibrer ses reflets sur l’Eau. Je suis venu plusieurs fois chez Loïc mais je me perds encore quand je vais chez lui, en arrivant dans saint André de cubzac ; il souffre encore de migraines et attend dans la soirée les résultats de son scanner. Je lis mes mails de chez lui et reçois un message de Matthias m’annonçant une dizaine de spectacles pour la tournée de cet été. Je parle à Loic du bloc négationniste d’Anne Kling, cette jolie réac proche de l’extrême droite. Elle arrive même à expliquer que ses filles ne la supportent pas à cause de ses opinions vaines et particulièrement antisémites. Nous travaillons sur la chanson « étonnants et magnifiques »autour de sa table de cuisine, moi derrière l’ordi, lui, sa guitare sur son genou. Dehors l’air est lumineux lorsque je sors pisser contre le mur du jardin, face à la rivière. J’enregistre mon texte en prose dans son studio, par-dessus la musique qu’il vient de faire et nous parlons de l’orchestration de l’album. Je pars vers 16 heures pour rentrer chez moi et m’endors pendant quelques minutes à 80 km de là sur l’aire la plus proche. Je repars et fini quelques courses dans un hyper ! mon grand fils m’appelle et nous dînons ensemble en apprenant finalement que Martine Aubry a été élue au somme du PS ; Mon fils m’aide à remonter la vieille commode de ma mère que j’avais laissé dans ma cave. Je la hisse et la nettoie puis répond au tel à F... qui m’appelle, assez angoissée par son rdv de vendredi.
Je me suis couché tard, essayant encore de mettre un peu de chaleur dans ma jolie maison froide. Déjà plusieurs morts de froid dans le bois de Vincennes, les nuits précédentes et je me rends compte d’ici qu’il fait froid même si moi je n’en souffre qu’à peine. Je repense à la maison de xxx les années précédentes : j’allais dormir chez elle et c’était à peine chauffé ! je voulais acheter un poêle, mais bien sur, celui que je voulais lui offrir ne lui plaisait pas. Tout était comme d’habitude compliqué. Sa belle maison était au bord d’une rivière n’était pas chauffée. Le soir je m’approchais de la cheminée et cuisait recto verso , entortillé dans des couvertures, puis la nuit, nous dormions sous plusieurs édredons, dans un vaste grenier non chauffé, aux ouvertures déchaussées . Je me souviens de ces soirées frigorifiées et nos disputes calorifères. Là, je dois dire que le froid ne me heurte pas trop car, je l’imagine provisoire et cette situation ne m’est pas imposée. J’écoute Astor Piazzola en bricolant un meuble à tiroir qui se trouvait dans la chambre de ma mère. Ma mère y cachait son argent. Il me rappelle des souvenirs, durs ou amusants (« va chercher l’argent dans le petit meuble dans ma chambre. Compte 3 tiroirs et cherche sous le livre qui est à ta main droite. Ta main droite, tu sais, celle avec laquelle tu dis bonjour ! ») Je viens de le nettoyer, de le passer à l’eau et je vais le teinter un peu avant de le cirer ! ce meuble doit dater des années 30, je pense. Il a appartenu à ma grand-mère. J’y classe mes photos, mes textes, quelques objets…. Il n’est pas si beau, il est volumineux et sent le renfermé et la naphtaline. Ce meuble permettra de ranger les affaires de F... quand elle sera là, si elle se décide enfin à venir ! elle a parfois peur de venir et que notre relation devienne sérieuse, puis qu’elle ne marche pas ! nous nous sommes beaucoup disputés ces derniers temps et nous le regrettons bien sur. La banque justement vient de m’appeler. La voix du type me fait peur ! je sais qu’un jour ce type me mettra dans la merde. En attendant, j’essaie de flotter. Je rentre encore de Sarlat ; j’y ai encore passé une partie de la journée. Je dors un peu, range la maison et écris, finis la chanson que j’avais commencée, celle que je viens d’écrire avec Loïc. Je n’aime plus trop écrire des chansons, mais il faut que j’avance mon projet. Sur la route pour Sarlat, ce matin je bavarde avec F... par téléphone ! un flic me prend alors que je roule à 60 km/h dans une agglomération, sur un radar itinérant ! je me demande s’il a les moyens de voir que je téléphonais. Dès que je cuisine, le compteur disjoncte. Il faut donc que j’éteigne le chauffage et la plupart des ampoules sinon, je me retrouve dans le noir, obligé de ferrailler à la cave avec une lampe de poche. Je viens d’écouter le dernier morceau de « noir désir » et je vous avoue que je ne sais pas quoi en penser, avec ces anatoles en do la mineur fa sol. Beau solo d’harmonica, texte brillant, voix très contenue, très retenue… bon, sans doute dois je bloquer un peu sur Bertrand Cantat. Ecouté mon nouveau texte mis en musique avec mes fils qui trouvent que ça fait slam, alors que je fais ce genre de choses depuis des années. Bon, ça me fait plaisir que mon premier public me juge ainsi car le public de mes enfants est sans doute celui qui me file le plus le trac.
Je me suis couché tard, essayant encore de mettre un peu de chaleur dans ma jolie maison froide. Déjà plusieurs morts de froid dans le bois de Vincennes, les nuits précédentes et je me rends compte d’ici qu’il fait froid même si moi je n’en souffre qu’à peine. Je repense à la maison de xxx les années précédentes : j’allais dormir chez elle et c’était à peine chauffé ! je voulais acheter un poêle, mais bien sur, celui que je voulais lui offrir ne lui plaisait pas. Tout était comme d’habitude compliqué. Sa belle maison était au bord d’une rivière n’était pas chauffée. Le soir je m’approchais de la cheminée et cuisait recto verso , entortillé dans des couvertures, puis la nuit, nous dormions sous plusieurs édredons, dans un vaste grenier non chauffé, aux ouvertures déchaussées . Je me souviens de ces soirées frigorifiées et nos disputes calorifères. Là, je dois dire que le froid ne me heurte pas trop car, je l’imagine provisoire et cette situation ne m’est pas imposée. J’écoute Astor Piazzola en bricolant un meuble à tiroir qui se trouvait dans la chambre de ma mère. Ma mère y cachait son argent. Il me rappelle des souvenirs, durs ou amusants (« va chercher l’argent dans le petit meuble dans ma chambre. Compte 3 tiroirs et cherche sous le livre qui est à ta main droite. Ta main droite, tu sais, celle avec laquelle tu dis bonjour ! ») Je viens de le nettoyer, de le passer à l’eau et je vais le teinter un peu avant de le cirer ! ce meuble doit dater des années 30, je pense. Il a appartenu à ma grand-mère. J’y classe mes photos, mes textes, quelques objets…. Il n’est pas si beau, il est volumineux et sent le renfermé et la naphtaline. Ce meuble permettra de ranger les affaires de F... quand elle sera là, si elle se décide enfin à venir ! elle a parfois peur de venir et que notre relation devienne sérieuse, puis qu’elle ne marche pas ! nous nous sommes beaucoup disputés ces derniers temps et nous le regrettons bien sur. La banque justement vient de m’appeler. La voix du type me fait peur ! je sais qu’un jour ce type me mettra dans la merde. En attendant, j’essaie de flotter. Je rentre encore de Sarlat ; j’y ai encore passé une partie de la journée. Je dors un peu, range la maison et écris, finis la chanson que j’avais commencée, celle que je viens d’écrire avec Loïc. Je n’aime plus trop écrire des chansons, mais il faut que j’avance mon projet. Sur la route pour Sarlat, ce matin je bavarde avec F... par téléphone ! un flic me prend alors que je roule à 60 km/h dans une agglomération, sur un radar itinérant ! je me demande s’il a les moyens de voir que je téléphonais. Dès que je cuisine, le compteur disjoncte. Il faut donc que j’éteigne le chauffage et la plupart des ampoules sinon, je me retrouve dans le noir, obligé de ferrailler à la cave avec une lampe de poche. Je viens d’écouter le dernier morceau de « noir désir » et je vous avoue que je ne sais pas quoi en penser, avec ces anatoles en do la mineur fa sol. Beau solo d’harmonica, texte brillant, voix très contenue, très retenue… bon, sans doute dois je bloquer un peu sur Bertrand Cantat. Ecouté mon nouveau texte mis en musique avec mes fils qui trouvent que ça fait slam, alors que je fais ce genre de choses depuis des années. Bon, ça me fait plaisir que mon premier public me juge ainsi car le public de mes enfants est sans doute celui qui me file le plus le trac.
je vendais des maisons individuelles...

24 Novembre 2008
Ayant eu mes 2 fils à dîner -c’est une de mes conditions : 1 repas par semaine au moins tous les 3 le dimanche soir- j’ai préparé des pizzas maison, acheté de la crème brûlée chez le meilleur pâtissier de la ville. J’essaierai de la faire moi-même la prochaine fois. Puis mon grand fils qui rentrait de Bordeaux est rentré dormir chez sa mère et nous sommes restés avec mon plus jeune fils à regarder les reportages de la télévision. Je rangeais ma bibliothèque, pendant qu’il regardait un truc sur la retraite de plus en plus tardive, particulièrement aux USA. Moi, je classais, rangeais mes carnets, mes photos ; mes bouquins lu ou jamais ouverts, à lire ou déjà oubliés. Les catalogues, les annuaires, les cd rom. Je pensais à mes années passées à rouler, signer des contrats, classer des dossiers, trimballer des caisses, argumenter pour le compte de chefs d’entreprises. Les photos que j’ai prises ces derniers mois s’accumulent, mais ne voulant pas esquinter les murs fraîchement chaulés, je n’ose rien accrocher au mur, de mes peintures, de mes morceaux de bois, de mes photos abstraites ou de mes photos de jardins et de voyages ; ce matin, je me suis levé tôt et j’ai emmené mon fils à 60 km de là, dans son lycée de Sarlat, sous la flotte, mais par endroits, un brouillard magique se levait sur les chênes et les châtaigniers du bord de la route qui mène aux habitations troglodytes. Hélas, cette vue, n’avait certainement rien à voir avec celle que percevaient nos ancêtres, tant nous avons transformé l’univers à notre avantage. Je suis rentré et avant de me mettre au travail, j’ai essayé de terminer le rangement de cette pièce. Dans les jours prochains, j’ai des répétitions et des réunions afin de préparer ce projet de cd+livre+spectacle. Entendu à la radio une enquête sur les bavures du « canard enchaîné ». je pense que cette époque cherche à faire tomber des têtes d’opposition ; j’ai hâte d’entendre le droit de réponse du « canard enchaîné » à la sortie de ce livre l’accusant d’être Pro-Sarko ! on ne s’ennuie jamais aujourd’hui. On lit, on s’informe d’une information pré-machée, mais rien ne transpire qui ne serait pas consensuel et déjà digéré par d’autres. On perd notre bel esprit de synthèse. J’écoute en travaillant sur la chaîne cette chanson qui devrait être notre hymne, à nous, immodestes artistes : « même à Spielberg on a dit non » de Charlélie. Intéressant également de voir où en sont les résultats de ces élections au PS. Evidemment, ça vaut le coup d’être dans la majorité en ce moment, ou d’être effectivement proche de Monsieur Bayrou avec son parti au nom incroyable de MODEM pour faire plus « grande toile ». Cette nuit, il faisait froid dans ma maison mal chauffée. Mon fils a dormi sous les grosses couvertures mais il s’est plaint du froid sans avoir l’idée de se lever pour mettre le chauffage d’appoint. Je lui ai promis que la prochaine fois, le chauffage serait réparé. Découvert aujourd’hui et passé du temps sur les oeuvres, sur le blog un peu nauséeux et très facho de la jolie Anne Klng, penseuse révisionniste du FN ! intéressant, tous ces blogs, ces chats qui parlent d’une France qui se voudrait du futur et qui date d’une autre époque, accusant les juifs et la Licra de tous les maux, marxisme et communisme, sionisme déviant et racisme. Je vous en reparlerai. Je me suis levé cette nuit, d’un seul trait, car je croyais que notre maison prenait feu. Je voyais crépiter des flammes par la fenêtre qui donne sur le jardin. Je voulais réveiller le gamin pour sortir dans la rue sans oublier de prendre les papiers importants. Je ne me souviens pas souvent de mes rêves ! en ce moment, je recommence à me réveiller avec de nouvelles chansons dans la tête. Mais je n’ai pas repris l’habitude de dormir avec mon magnéto, ma guitare. Troublé par ce rêve et par la peur de faire cramer mon fils ; depuis ce matin j’y pense sans cesse. Rangé la cave et monté les cadres de photos et mes vieux tableaux. Cassé des trucs, bien sur, du verre, des encadrements en bois, de la vaisselle. Retrouvé de vieilles photos. Détruits certaines qui appartiennent à mon passé, récupéré d’autres assez rigolotes avec mes enfants, mes parents, mes musiciens en tournée. La photo d’un salut à la fin d’un spectacle,des photos de voyage, celle d’une loge à Cannes, un peu d’argenterie (pas beaucoup, le reste ayant été pris d’autorité par mes sœurs) qui me vient de ma famille, des tas de choses du passé. Mon fils prend sa première leçon de boxe ce soir. Je me rappelle des merveilleuses raclées que je prenais autrefois, quand, un peu par masochisme, j’imaginais que c’était la rude loi du sport et plus je souffrais, plus mon corps expiait de je ne sais quels insolvables envies ou péchés qui m’abreuvaient: une espèce de demande de pardon judéo-chrétien pour le plaisir désiré par mon corps, à travers les coups et la boxe. Et puis ça m’a permis de rencontrer des gens fabuleux, la boxe est un sport généreux, viril, même s’il est parfois dénaturé par des abrutis ; d’ailleurs, j’ai pu me défendre plusieurs fois lorsque j’étais agressé par des chauffards malcommodes et souvent désavantagés par un forme négligée et un taux d’alcoolémie anormalement élevé dans le sang. Le lendemain de mes entraînements, j’arrivais à mon travail -je vendais des maisons individuelles- gonflé à bloc, me prenant pour Rambo ou pour Eddy Murphy dans « flic de choc » avec de belles lunettes de soleil et mon patron croyait que je m’étais fait rouer de coups par l’un des clients que j’escroquais à l’époque pour gagner confortablement ma vie. Ça a fini par arriver.
C’est bientôt Noël

22 Novembre 2008
Le Parti Socialiste en pièce ! Des femmes se déchirent pour savoir qui en sera la responsable ! Sinistre ! je pense que ça finira par une scission avant de s’écrouler une fois de plus! Sarkozy a gagné, bien sur, même si Martine Aubry gagne avec 42 voix de plus. Allons-nous vers la fin de ce parti d’opposition! Je me traîne le dos en kit. Me suis fait mal. Ce matin, France inter raconte des suicides en direct sur Internet, des histoires de mafia, des meurtres et des escroqueries. Aznavour change « you are ze ouane ! How can I love you? » J’ai dormi plutôt mieux que d’habitude malgré la douleur dans mon dos. Je pars marcher dans la foret, avec mon appareil photo. J’aimerai un vieil arbre solitaire et courageux que je vois de la route, à 600 m, à flanc de coteau ; l’été il sert de l’ombre à de grosses vaches un peu faignasses. Impossible de l’atteindre sans passer sous les barbelés serrés de la réserve de chasse. Les vaches me regardent distraitement ! Elles ne marqueront aucun intérêt pour moi sauf si je me faufile entre elles pour brouter leur herbe. Je marche jusqu’au bourg suivant, je passe devant le salon de coiffure de la célèbre Ratzyka (meilleure coiffeuse de la région !) et je m’enfonce dans la forêt ; je grimpe un abrupt coteau et m’arrête en son sommet, totalement essoufflé, puis je redescend de l’autre côté ! je photographie le ciel et de petites maisons en préfabriqué rose qui se découpent joliment sur l’horizon, comme si c’étaient les petites maquettes posées au bord des rails d’un petit train miniature dans une chambre d’adulte qui joue à être l’enfant qu’il n’a jamais eu. Puis je remonte et photographie un pauvre vieil arbre entouré de lierre, étouffé et malheureux, à moitié branlant comme une dent cariée en contre plongée, sous une ligne électrique qui coupe cette paisible vallée en 2 parts rigoureusement égales ! On peut dire ce qu’on veut, les gens d’EDF font un travail remarquable pour que nous puissions nous éclairer, regarder la télé, communiquer agréablement entre nous jusqu’au fin fond de la campagne. Quelques photos de chardons avec le ciel gris en fond. Plus tard je marche encore jusqu’à ma bagnole, et je repars faire des courses dans un centre commercial voisin. C’est bientôt Noël et comme d’habitude, les gens sont pris en otage par la grande distribution au moment des fêtes de fin d’année, malgré la baisse du pouvoir d’achat, la pauvreté. En écoutant Tino Rossi, je fais la queue derrière une dame qui semble étonnée comme moi de tout ce que les gens dépensent en de telles périodes alors que la plupart sont déjà inscrits en rouge/rose à la banque de France. Je rentre chez moi complètement saoulé par le bruit et le martèlement des slogans publicitaires et m’allonge aussitôt pour m’endormir d’un sommeil de plomb comme sous l’emprise de narcotiques. Je regarde les photos, rédige quelques lignes et mon fils entre et s’installe sur le canapé avec ma guitare sur ses genoux ! il joue « hey hey blues » de Big Bill Broonzy, l’un de mes airs préférés ! « Hey hey,pas mal, mon vieux ! » Il semble aller mieux que ces derniers jours et nous bavardons un peu avant qu’il ne retourne chez sa mère pour le soirée. Il tousse moins mais son amie a une angine alors il est triste comme moi je l’étais quand ma petite amie ne venait pas au lycée. Je tire les photos que j’ai faites cet après-midi. Elles deviennent grises et bleues, ternes et nocturnes.. Sans doute ai-je à peine durci la lumière au tirage. Je pense que je peux faire mieux. Mon téléphone sonne, Lolo appelle et nous parlons du futur, de l’agrandissement de ma maison et de son manque évident de placards.
si tu te lèves le matin sans avoir mal partout, c’est que t’es mort !

21 Novembre 2008
Mais ce matin il semblerait que Mesdames Aubry et Royal arrivent en tête de ce scrutin. Je ne cache pas que je suis ravi de voir ces 2 dames coiffer les machos au poteau ! Entrée de la courageuse Simone Weil à l’Académie Française. Bien sur, j’ai toujours admiré cette femme de droite, pugnace, honnête et respectable, même si je n’ai pas toujours apprécié ses sinistres compagnons de route ! Cela dit, fallait du courage pour passer une loi en faveur de l’avortement durant les années Giscard ! Cette réputation de « juive avorteuse » l’aura suivie, largement répandue par le sinistre Le Pen et ses sbires du Front National. Elle a également combattu le racisme en tant que rescapée des camps nazis. Bravo chère Simone ! Je vous aime. Je suis dans le train pour Bordeaux ou j’ai rendez vous avec mes amis d’Ariane Prod pour me rendre ensuite à Cadillac pour une rencontre avec des programmateurs. Je suis en Gironde, je regarde le paysage, plein d’échassiers, les ailes timidement écartées. Ils tentent leur envol à l’approche du train, leurs pattes lourdes dans l’eau d’une de ces mares clapotantes d’eau croupie sous la pluie, comme on en trouve au bord des chantiers, des voies ferrées, des bourbiers et des dépotoirs. J’ai emmené ce matin mon gamin à Sarlat, malgré le brouillard, la flotte, et l’inquiétude quand je regarde son visage rose et enfantin : « je veux te voir plus souvent ! » lui dis-je ! « pour que ce soit comme avant , quand nous étions comme des amis! Pour que je puisse savoir ce qui se passe dans ta vie, dans ta tête ! » Je pense à la phrase de Françoise Dolto : « la fin de l’adolescence, c’est quand on commence à écouter les conseils de ses parents ! » Dans le train, 4 types à l’air sérieux me dévisagent ! Ils ont l’air de conducteurs de train dominant le monde du rail ! Ils parlent de ces voitures en plastique des années soixante comme la « méhari » et me regardent comme si j’étais une relique, un vieux type à l’air maussade. Je me suis rasé la tête et les joues, j’ai mis mon chapeau de rabbin(un Fléchet acheté au prix du safran à Lyon pendant la tournée.) sur les conseils téléphoniques de F... et je me sens un peu mieux, un peu plus vivant et propre, sorti comme un épouvantail du jardin avant d’aller au casse pipe ! J’arrive à la gare ou je dois retrouver mes chauffeurs ! j’ai pris mes 4 cd et mon bouquin : voila ce que j’ai fait à 54 ans, dans ma jeune carrière de 10 années ! Avant, j’étais commercial ou chargé de formation ! J’ai pris ma vie en main avant d’en changer, car je n’aimais pas me regarder le matin dans une glace ! je suis vivant et debout. J’essaye de vivre sans avoir à côtoyer les gens que je n’aime pas, qui m’ont tant fait souffrir avant, lorsque j’appartenais encore au monde de la « planète-travail »! Comme d’habitude je crains d’y rencontrer des gens que je connais. Je n’ai plus envie de raconter qui je suis, ce que je vis depuis quelques temps, en dehors de ces spectacles qui me nourrissent dans tous les sens du terme. Après avoir tourné autour de la gare, je finis par m’installer au buffet en attendant mes chauffeurs. Un pigeon se ballade entre les tables, picore les maigres miettes des désastreux sandwiches qu’on achète au bar. Il est gras et travailleur, dandinant son cou oblique et luisant gorgé d’énergie. Je pense à ce film avec Michel Simon : il les nourrit, assis sur son banc public, puis les attrape lorsqu’il sont confiants pour les manger avec une boite de petits pois (Boudu sauvé des eaux ! pas la version de Jugnot et Depardieu, l’autre, celle de 1930) . Une fille rigole et me prend à témoin du regard, puis détourne la tête quand elle voit que j’entre dans le jeu pour lui sourire, d’un sourire double,sans engagement, s’adressant à elle et à l’oiseau. Un type demande« un ‘afé ‘il ‘ou plait adaame ! Eu’ paierai tout à l’heur ! » Il a la gueule éclatée de naissance, les cheveux mal plantés, l’œil dans le vague! Un vrai fils du Golem de Prague. Le courant d’air de la porte ouverte caresse mon crâne rasé comme celui de Chéri Bibi. La serveuse, une petite blonde qui serait timide si on lui arrachait son plateau lui répond brutalement: « si t’as pas d’argent, tu consommes pas ! » (Il y a une chanson de Brassens qui relate l’histoire d’un tavernier qui fout à la porte un pochard quand il a dépensé chez lui son dernier sou ! je suis sur que la serveuse adore cette chanson de Brassens et en connaît tous les couplets !) Un couple de sourds-muets face à moi, commente l’évènement, à grands renforts de gestes, de mimiques stupéfiantes. Plus tard, le type se lève et pose silencieusement un papier sur ma table avec des grâces de mime, à côté d’un porte clé « Mickey » que je peux lui acheter contre 2 euros si je le souhaite. Je laisse ma dernière pièce, un peu gêné de recalculer ce qui me reste pour payer mon café. Les gens passent, la serveuse blonde au plateau circule entre les tables, renouvelle les consommations ! J’ai peur qu’elle me demande si je désire encore boire, moi qui n’ai plus un rond sur moi ; je me connecte à Internet et ça marche pendant quelques minutes ! Je lis mes mails, de mystérieux interlocuteurs me proposent de me rallonger le sexe, pour le booster, afin que j’accumule une nouvelle énergie, spirituelle et sexuelle ! Ces gens m’écrivent avec des noms incroyables : Mohamed Cohen, Abraham De LAroca, Mitchell Obama, Melissa Furey ! je me souviens de ces fabricants de médicaments qui viennent de Chine et qui ont empoisonné des acheteurs sur internet. Normal, avec des pseudos pareils ! Pourtant ces histoires me fascinent. Rallonger son sexe pour ressembler à un cheval, devenir un étalon grâce à nos cousins de Chine. Je repense à mes 2 fils plus grand que moi et ce sentiment que je n’ai rien fait de ce que j’aurai du faire me harponne encore et encore. Les gens autours de moi parlent en signant, avec des gestes de sémaphores ou s’expriment dans toutes les langues du monde ; un fille sort des boites multicolores d’un sac en plastique et les empile sur la table de café pour épater sa mère. Elle raconte sa liaison avec un type marié, plus jeune qu’elle. Rien de plus, rien de moins dans cet endroit anonyme où je prends 5 minutes pour regarder tous ces gens lumineux dans leur étrangeté. Je rejoins Matthias dans sa bagnole garée en face de l’hôtel Regina. Nous partons pour Cadillac, dans la région des vins de Grave, environ une demi heure de route. Nous bavardons de tout et de rien, de mon nouveau blog, des derniers concerts du groupe, du prochain album Nous nous installons sur un coin de table au bout de la salle, accueillis par les organisateurs de cette réunion qui permet à 25 compagnies d’artistes locaux de présenter aux communes leur travail pour participer aux « scènes d’été d’aquitaine » ! Quelques clips extraits des spectacles sont diffusés. Je me vois chanter et danser tout propret, maquillé à l’époque par Véro d’Aariane Prod, 10 kilos de moins : « les mauvais coups ». De belles prestations, des groupes de musique triés sur le volet, des compagnies théâtrales, une artiste africaine (je vous trouverai son nom) danseuse et chanteuse belle et spectaculaire (numéro ou elle danse seule avec deux bâtons de pluie dans les mains rythmant ses pas ! très beau ! aérien et dynamique ! je suis cloué au sol comme un vieil ours qui regarde passer les avions) Bel accueil d’une dame de la municipalité de Cadillac. Elle vient me parler de ce concert que nous donnâmes en mai au théâtre du pont tournant. Je la remercie pour sa gentillesse qui fut le soleil de ma journée. Je bois un peu, mange beaucoup et nous prenons de nombreux contact, Matthias et moi...je me traîne entre les tables et Véro me cite la phrase de Gustave Parking « si à 50 ans tu te lèves le matin sans avoir mal partout, c’est que t’es mort ! » Marie, qui s’occupe également du groupe Balgadjé(le groupe de Loïc Le Guillanton, notre guitariste avec qui je prépare mon nouveau projet) me dépose devant la gare de Bordeaux ; Elle me rappelle qu’il vient de partir en tournée et elle s’inquiète un peu car elle n’a reçu aucun coup de fil. Je saute dans le train pour repartir en sens inverse. Le train a du retard et la contrôleuse passe de sièges en sièges pour nous l’expliquer. Passant ma vie dans le train, je suis habitué aux retards de la SNCF. Je viens si souvent à Bordeaux en ce moment. Et je suis content que cette journée se soit bien passée ! me rappelle cette autre journée en 2004 lorsque j’avais participé au chaînon manquant ! Nous avions travaillé plus d’un an autour de cette difficile prestation et beaucoup de spectateurs me parlent encore de ce spectacle complètement déjanté de Figeac. Pourtant ce fut assez dur car Etienne et moi nous faisions injurier par des types du premier rang et je me souviens que nous retenions notre concentration, liquide comme le souffle, comme si nous avions retenu entre nos doigts la queue ondulante et déambulatoire de la fuite d’un grand diable. Autour de moi dans le train nocturne, de jeunes types lisent leurs mails, regardent de tonitruants films d’action ou jouent à tuer des adversaires sur de luxueux ordinateurs portables, des filles dorment la tête dans leurs bras, leur téléphone mobile dernier cri serré contre leur coeur, des couples écoutent leur IPOD, main dans la main, enlacés, chacun son écouteur dans l’oreille. Je me demande ce qu’ils auront de plus pour leur petit noël paisible et familial en cette fin d’année de crise mondiale ? Une orange bleue qui arriverait juste de la Pluton ? Moi je travaille sur ma machine, légère et démodée, une prothèse de mon cerveau, un double. J’écris ces quelques lignes et d’autres encore. Des voix nasillardes, des articulations molles, des téléphones qui sonnent et résonnent « -euh j’arriverai en retard de 10 minutes, c’est pas la peine de te dépêcher Solange ! Dis à Marcel qu’il ne mette pas tout de suite le rosbif au four. » ; Il me reste de la vaisselle à faire, un peu de soupe au frigo et un steak haché ! J’ai mangé des pâtisseries et des toasts apéros. J’ai bu 2 verres de vin des vignobles de Graves. Je suis barbouillé et ce matin, j’envisageais soit de me suicider, soit de démarrer un régime+jogging sévère. Faut juste avant de prendre une décision que je change la pile au mercure de la balance et que je balance l’ancienne dans les toilettes puis que je tire la chasse d’eau !suicide collectif ou individuel ? J’en ai parlé au médecin qui m’a demandé si j’avais eu des antécédents de suicide dans la famille ! Non, bien sur, notre religion nous l’interdit ! J’envisage de me jeter par la fenêtre, mais j’habite au rez-de-chaussée. Le docteur se marre, lève les yeux au ciel et passe à autre chose ! C’est ça, soigner un ours, un Monsieur Loyal, un gros animal de cirque un peu loufoque qui cache son désespoir sous des larmes de rire ! Je rentre dans ma maison froide ! J’ai un pv sur ma voiture garée en vitesse dans la cour de la gare! Je mets le chauffage et répond à mes mails ; je m’endors encore deux minutes et répond à un sms. Je m’endors encore et mange le reste de pot-au-feu en regardant Mary Poppins et une fois de plus en écoutant « un morceau de sucre qui aide la médecine à couler, la médecine à couler, la médecine à couler» je pleure de tristesse et de bonheur, me rappelant ma jeunesse et celle de mes enfants et ces merveilleux instants enfuis si loin de nous. F... m’appelle. Je lui raconte ma journée. Elle m’annonce qu’elle arrive vendredi.
Gainsbourg, cac 40 et PS...

20 Novembre 2008
Sur France Inter, journée commémorant la mort de Serge Gainsbourg et l’expo qui lui est consacrée à La Vilette. J’écoute Mélodie Nelson, certainement l’un des meilleurs albums concept français de tous les temps ! Je l’ai encore écouté récemment et j’ai découvert un album différent de ce que j’avais dans ma mémoire, dans mes souvenirs, dans mes fantasmes. C’est parfois mieux de ne pas réécouter ou relire les albums préférés de sa jeunesse. N’empêche que le portrait tendre et fantasque de Gainsbarre, loin de tout ce qu’en racontent les bourges du showbiz correspond à tout ce que me racontait Yvan qui avait son tour manager pendant sa fameuse tournée où il avait chanté La Marseillaise après avoir été menacé par les paras : un type classe, courageux et généreux, courant après sa réputation BorderLine ! J’écoute les cours flottant du cac 40 et je me demande s’il nous emmènera avec lui dans sa coulée. Il fait un vrai temps de novembre et j’aimerai sortir travailler pour oublier que je dois de l’argent partout, pour oublier ma peur de me retrouver devant la porte un jour, dormant dans la rue. En attendant, j’écris et je travaille sur mes photos de tableaux abstraits, noirs, rouges et blancs. J’ai commandé un passe-partout pour le monter. Je vais essayer de refaire de belles photos à ma manière, loin de tous contextes, juste de la couleur ! je suis incapable de saisir un portrait de vous ,mes photos manquent de mouvement, de relief, d’humanité ; je n’arrive pas à m’impliquer , à prendre parti à l’intérieur de ces images, comme j’arrive à le faire ici, ou dans les chansons.. Sans doute que ça viendrait d’un manque de travail profond ou de cette rencontre avec les autres que j’affectionne dans mon travail de chanteur ! (cela dit un chanteur expose son nombril, écrit ses chansons dans un univers clos, protégé, un photographe est acteur/observateur d’une situation, d’une histoire….) et de ma peur de m’engager dans une relation suivie avec les gens. Grève des transports à Bordeaux ! Rendez-vous à l’arrache chez le médecin avec mon fils. Inquiet pour sa santé. Docteur rassurant et moi pas rassuré avec mes yeux qui s’ouvrent, s’ouvrent. Finalement après midi à récupérer le passe partout que j’ai fait faire, puis quelques courses ! je suis revenu pour faire le montage du tableau que je souhaitais faire ; j’ai trouvé le résultat pas mal, assez dynamique, ces images abstraites rouges, grises et noires, sonores et sourdes. Encore des progrès à faire, quand même. (Finalement, j’ai progressé en traitement de textes et j’arrive à taper en regardant l’écran de télé en même temps ? à force d’être rivé comme un double devant l’écran) J’ai jardiné également, posé ces claustras et encore déterré des rosiers. Je dois rendre quelques outils à l’ancienne propriétaire de cette maison à qui je dois du fric. Néanmoins, j’ai engueulé le chat à grosse queue de la voisine parce qu’il grimpait sur ma glycine pour essayer de choper un passereau ! il y a déjà peu d’oiseaux dans le quartier, je n’ai pas envie qu’ils se fassent bouffer par ce con de chat que j’ai viré ! ce soir mon fils est venu dîner et j’ai été un peu autoritaire, mais nous avons passé une belle soirée ensemble. Après dîner, je suis allé faire un plein d’essence et il m’a accompagné à la station, puis nous avons acheté une glace que nous savons mangée devant la télé, à la maison, face à face sur le canapé ! ça n’était pas arrivé depuis des mois et des mois ! j’ai la nostalgie des soirées que nous passions au ciné ensemble. A l’heure qu’il est, des souvenirs de mes 2 gamins tournent dans ma tête. Je me souviens du basket, des cinémas, mes fils à mes côtés, des cagoules et des petites chaussures, des horribles couches, du siège auto à l’arrière de la voiture, des voyages en famille et des chansons criardes et rigolotes, des rites de l’enfance et des habitudes, des choses faites ensemble, des voitures nettoyées pour 3 sous et des ballades dans le parc sur un skate. J’ai eu l’éditeur de mon livre au téléphone ; il envisage de nous inviter sur un festival un de ces jours. En septembre je crois. Je me demande de quoi sera faite cette année. D’ailleurs, je me demande si le PS continuera à exister, mais ça, ça n’a aucun rapport.
un groupe qui s’appelle les Beatlex...

19 Novembre 2008
il est si tard ! J’avais pris une décision dimanche et aujourd’hui, j’ai fait ce que j’avais décidé. J’ai craqué et la colère a continué à gonfler en moi, comme un orage prêt à éclater. Je ne me sens pas mieux, mais je crois que c’était le mieux que j’avais à faire. Je n’ai pourtant pas fait encore ce que je voulais faire, ni appelé la banque, ni pris rendez vous avec le médecin. J’ai travaillé sur les photos de mes tableaux, colorisées (ils sont en NetB) pour faire ce montage cartonné. Je travaille, écris et essaye de mettre en place mon projet. Reçu un coup de fil du plombier pour faire quelques travaux ici. Je lui ai annoncé que je n’ai pas d’argent pour le payer. D’un autre côté, la salle de bain est précaire et j’ai besoin de m’installer un peu mieux ! Cette maison est celle des courants d’air et il faudrait également que je change les fenêtres. Je travaille peu et j’essaye de gagner du temps. Reçu ce mail d’Ariane Prod me confirmant ces 2 concerts dans ce festival en hollande. Je suis ravi de voir quelques concerts s’organiser autour du groupe, au moment ou je prépare enfin ce projet en solo. Le tel a sonné plusieurs fois aujourd’hui, suite à la décision que je viens de prendre ; je ne suis pas très fier de moi, mais cette nuit, j’ai l’impression que c’est mieux ainsi. Mon grand fils est venu dîner et j’ai refait des magrets aux pommes de terre avec une salade de tomate et un crumble aux pommes. Nous avons bavardé, regardé la télé et nous nous sommes régalés. Mon fils devait venir avec son copain, qui a perdu les clés de son appartement, mais finalement le jeune homme les a retrouvées. J’ai raconté à mon fils que j’ai vu à Amsterdam un groupe qui s’appelle les Beatlex.(sic)
Journée de route

18 Novembre 2008
Journée de route, de doute et de réflexions. Levé tôt ce matin pour faire le plein d’essence avant d’emmener mon grand fils à Sarlat ; en avance devant chez sa mère, j’attends devant la porte ! Il fait encore nuit ! À l’intérieur je vois mes fils et leur mère qui prennent le café, dans la cuisine. L’aîné m’ouvre pour me saluer ; j’entends la voix de sa mère à l’intérieur et j’attends encore, le temps que mon fils soit habillé, pour qu’il descende sa valise d’internat à la main. Nous démarrons, bavardons un peu de la marche du monde, de la couche d’ozone, du sens des planètes puis il s’endort, le siège en position couchette ! Finalement nous arrivons au lycée avec une demi heure d’avance, il m’embrasse distraitement, prend sa valise et s’élance hors de la voiture avant de disparaître. Je retourne en sens inverse, 1 heure 20 plus loin, maudissant les divorces, les séparations, les routes et les gamins qui grandissent en s’éloignant de nous. Je crois que je ne m’accroche pas assez à lui qui a sans doute besoin de moi et ne sait comment l’exprimer. Je roule et m’arrête pour dormir quelques minutes sur le bord de la route quand je sens mes yeux qui tombent tous seuls. Je rentre chez moi, tapote un peu sur mon ordinateur puis file à la gare pour prendre le train pour Bordeaux. J’ai eu le temps de me raser et je ne ressemble plus à un vieux Spielberg vaguement clodo, totalement misanthrope. Ma crane et mes joues sont roses. Dans le train je survole « la fille tatouée » de Joyce Carol Oates, ce livre étrange que j’ai acheté à Paris la semaine dernière. J’avais déjà lu d’elle « de la boxe », un livre illustré sur l’univers des boxeurs américains de seconde zone, leurs vies, leurs destins, leurs espoirs. Je vous le conseille, donc ! Je me retrouve dans la description du personnage central, malade, hypocondriaque, écrivain un peu foireux et à moitié juif et je m’endors à nouveau dans le train. Arrivé à Bordeaux, je me paye un sandwiche sans goût particulier et je remonte l’avenue de la marne jusqu’à la rue Sainte-Catherine, puis je tourne vers la place Pey Berlan. Je sonne et Gérard Bourgeois m’ouvre la porte, adorable et élégant, comme toujours. De la fenêtre de son vaste living, je vois l’église ! J’habitais dans un studio, plus bas dans la rue, il y a quelques années quand je travaillais ici. Il y a un piano à queue dans un coin de la pièce et des guitares à cordes nylons, à cordes métalliques, électriques ou acoustiques, appuyées dans tous les coins du large salon blanc. Sur un mur, il y a, encadré, le manuscrit de sa chanson « la madrague » qui fut interprétée par Brigitte Bardot dans les années 60, un chef d’œuvre d’érotisme et de soleil, des tableaux de maître ! Laurent Voulzy l’a reprise il y a quelques temps ! Je lui offre mon livre et lui fait remarquer son nom sur la page de garde, en dédicace, à côté de celui de Gérard Meyer et Matthias, de Christophe Allègre. Il fait semblant de trouver ça rigolo, mais je sens qu’il est touché… il me traite de gros con ! il me demande des détails sur mon projet et je lui raconte ces derniers mois, ma fatigue, la route, mes doutes, le deuil ! il m’écoute, attentionné. Il me dit que la dernière fois que nous nous sommes vus, je partais pour Prague avec une belle femme ! je lui raconte qu’au retour nous n’étions plus ensemble, alors il me dit que Prague est une ville superbe et qu’il a déjà entendu des histoires comme ça : un homme part à Prague avec la fille qu’il aime et ils en reviennent chacun de leur côté. Il me dit que pour plaire encore à sa femme il est toujours rasé et pomponné, tiré à 4 épingles ; elle aussi !Je rigole et il me parle du chanteur de mes 15 ans, Pascal Danel qui chantait les neiges du Kilimandjaro. Il est charmant et me demande des détails sur mon prochain album, me propose gentiment de faire une chanson avec moi pour ce projet ! il me parle de ses projets, de sa prochaine retraite, de la Russie où l’on joue l’une de ses comédies musicales. Je le quitte et il m’embrasse comme l’un de mes vieux oncles artistique sur le pas de sa porte « je lirai ton livre dans le train pour Poitiers demain ! »Il veut me présenter pour le prochain spectacle le metteur en scène de la première version de Starmania, quand je serai sur Paris. Il a envie de m’aider avec simplicité et générosité ! il me parle du métier artistique, comme il l’était autrefois, quand il y avait semble t il des codes, mais je ne vois pas pourquoi il y aurait eu dans les années 60 plus de codes de déontologie qu’aujourd’hui: tout semble mieux avec le recul. Je marche en direction de la gare, mon sac sur le dos. Je regarde les gens, les femmes black qui entrent et sortent des salons de coiffure, leurs cheveux tirés, les étudiants qui vendent des trucs dans la rue, des magazines, des parts de réconfort et du charity business, des sandwiches dans des boutiques donnant sur la rue, les types qui dorment sur le trottoir, de grosses dames en foulard qui font la manche, accroupies, des putes au sexe indéterminé qui tapinent discrètement, l’air de rien. Je rate le premier train, alors je prends le suivant! La petite contrôleuse à l’air sérieux, je l’avais remarquée à l’aller avec sa casquette sur l’oeil, ses 25 ans, sa jeune poitrine, sa taille cambrée et son petit cul de post ado nerveuse. Je ne suis plus attiré par les toutes jeunes filles qui ont l’âge de mes enfants mais je souris intérieurement. Mon fils m’appelle; il me prévient qu’il ne viendra pas dîner, qu’il sera avec son pote ce soir. Je rentre chez moi après avoir fait quelques courses. Ma bagnole est garée devant la gare. Ceux qui me connaissent, étrangement ne me saluent plus, je ne sais pas pourquoi. Pourquoi dois je passer ma vie à intimider les autres avec mon air de vieux Spielberg chauve et plein de poils ? Je passe devant la maison de ma mère qui a été refaite, les fenêtres ont été changées, les murs ravalés ! plus rien ne ressemble à rien, tout appartient déjà au passé ! je pense à elle qui sortait sur le balcon pour fermer ses volets et moi je garais ma voiture puis je montais pour l’aider à fermer la maison. Nous bavardions un peu et je la laissais devant la télé ! Tout ça est fini. Je rentre chez moi et je réchauffe le poulet et les patates d’hier soir !je range un peu la salle de bain et arrose les plantes ! va falloir que je la rende plus attractive, plus joyeuse cette pièce; Je réponds au téléphone et je m’endors, puis me réveille et me remet au travail pendant une heure ou deux. Je rigole tout seul quand je pense à Gérard Bourgeois quand il me parlait de Trenet et de sa façon d’écrire des chansons : tout est dans les 4 premier vers, puis après on brode !!! Gérard bourgeois m’envoie un sms « je viens de finir ton livre, j’aime bien… je t’embrasse » je me sens plutôt plus en forme que ce matin au lever quand j’ai pris le café devant la maison de mon ex-femme ! je regarde le jardin par la fenêtre, l’arbre élagué, les claustras que je n’ai pas fini d’installer, les rosiers qui semblent avoir pris ! je dois en replanter un ou deux encore. Pascal m’a dit d’en arracher mais je n’en ai pas envie. J’ai envie de tout refaire simplement ! il m’a dit plusieurs fois que je devais planter des feuillages verticaux, comme des cyprès ! je préfèrerai un palmier. Mon grand jardin est si petit…
Noir et blanc avec de rouges saturations

17 Novembre 2008
La colère une fois de plus dans cette maison vide ! Trenet retentit et m’apaise naïvement quelque part du fond du générique d’un film télé… « Tout ça c’est pour nous et le ciel est bleu mon amour ! si le soleil brille, si l’air est plus doux, mon amour, tout ça c’est pour nous » Des engueulades au téléphone, des portables qui ne répondent que du silence et des incommunications avec mon grand ado de fils. Je m’assois tourne en rond encore et encore, travaille sur mes images, bavarde au tel, zappe et me met à rédiger ces quelques lignes avant de dormir. Je suis en train de prendre des décisions que je n’aurai peut-être pas prises ces jours précédents. Je m’assois et réfléchis tout en écrivant ! Puis je repense à cette séance de rigolade et de jardinage avec Pascal et Isa ! Tailler l’arbre devant la porte, ce bel arbre qui me bouffe tant de lumière, tailler le cerisier et éliminer des déchets, faire une barrière pour stocker le compost, ratisser les feuilles mortes, déplacer ce grillage sur lequel grimpe la verte clématite, boire le café et refaire le monde m’encouragent dans mes prouesses de jardinier as très zen. On charge la remorque de vieilles branches, de vieux meubles, de bouts de poteries échoués d’on ne sait où. Mon grand fils passe, il cherche un appartement pas loin d’ici et me dit qu’il croit que j’ai des souris dans la salle de bain…super ! on déjeune et il me montre la vidéo d’un artiste colombien sur u tube qui s’appelle Muto, je crois. Un truc avec des tags qui s’animent sur les murs. Ce soir j’ai cuisine et mon fils n’est pas venu ! je suis déçu, car je me suis préparé à ce qu’il passe la nuit ici, alors je me persuade que je vais bien, mais une fois de plus je vais mal ! et bien sur je me sens seul et abandonné une fois de plus. J’écris et prépare ce dossier pour mon spectacle ; je fais le point des 5 albums précédents, du livre publié chez La Lauze et de ce que j’ai en préparation, des pièces dans lesquelles j’ai joué, des émissions de télé, de la radio et je me demande une fois de plus à quoi tout cela me servira quand je mourrai ! Enfin je me dis ça et je regarde ma vieille gueule de Spielberg quand je passe devant une vitrine, mon vieux filet à provision à la main. Pourtant, j’ai envie d’écrire cette histoire, j’ai envie de tout régler et continuer mon travail ; je brille comme l’une des bougies qu’allumait ma mère le vendredi soir jusqu’à la dernière semaine avant sa mort ! Demain je vais aller voir cet auteur sur bordeaux que j’adore… on va prendre un café et je passerai un moment savoureux ce qui éloignera sans doute les nuages de ma colère ! J’essaie de me rappeler de quand date ma dernière vraie colère ! Sans doute du temps de XX qui avait le don de me mettre dans tous mes états avec ses regards aux battements de cils doucereux et ses réflexions bonasses et vaguement faux cul. Je ne sais pas mais je me souviens de cette porte qu’on m’a claquée au nez la semaine dernière et qui m’a fait rire finalement, ou de ces téléphones raccrochés ! Je me demande comment je fais pour m’attirer de telles réactions ! J’écris et j’ai envie de raconter ce qui s’est passé ces derniers jours, d’une écriture la plus nerveuse possible, mais j’ai envie aussi de consigner les inscriptions revendicatives sur les murs, les gens de plus en plus harassés dans les rues, le suicide de cette dame que je connais tandis que j’écris et vend mon spectacle pour l’année à venir…. Je me pose souvent la question « à quoi servent les artistes dans ce monde ou chacun perd sa mémoire sociale ? » facile de répondre que le monde a besoin de culture, comme la terre à besoin de la couche d’ozone. Je crois seulement aux bons moments que nous pourrions passer ensemble. Face à moi, il y a un de mes vieux tableaux datant de l’époque ou je me croyais peintre : je le photographie pièce par pièce, tel un puzzle et le tire morceaux par morceaux pour le coller en découpe sur un carton blanc. Noir et blanc avec de rouges saturations, comme celles de mon âme pleine des énergies positives et négatives qui s’enroulent autour de mon corps et s’enfilent par le trou de mon vieux cul. C’est une image bien sur !
Il a toujours une chanson qui parle de moi...

15 Novembre 2008
J’ai visionné et visionné cette vidéo, mettant tous ses défauts en exergue ! je ne suis pas toujours très en place, Gilles parfois n’est pas dedans mais les images sont belles ! il faudra certainement que je me rende à Lyon au mixage. je l’ai montrée à mes fils,à Lolo et à certains de mes proches. Des gamins arrivent à la maison pour manger des spaghettis avec mes fils ! Merci monsieur ! au revoir monsieur ! Tout le monde arrive et repart sans que je n’ai pu parler à mon jeune fils, l’interne au lycée que je ne vois plus. Je me retrouve seul le soir ou alors Lolo est là et nous bavardons, rigolons jardinons, cuisinons. J’ai encore mal aux jambes, aux reins, au cul et à la gorge, souvenir des concerts de ces derniers jours ! Peu de mails ; à une époque vous m’écriviez souvent, mais je crois maintenant que d’autres artistes, d’autres groupes vous plaisent ! comment diviser ce cœur entre tous ces chanteurs, ces artistes tellement présents sur les toiles, les scènes, les radios… je suis si heureux de vous croiser, de vous rencontrer sur scène, pendant ou après les concerts !réunion lundi dernier pour ce nouveau spectacle ! gros projet et répétition avec Loïc ! Écrit nouvelles paroles et nouvelles chansons ! Pris des photos et commencé à réfléchir à les illustrer de textes ! Travaillé sur le logiciel photoshop, à l’arrache comme tout ce que je fais ! pas encore arrivé au bout du problème ! Très peu de concerts devant nous ! la première fois que ça m’arrive depuis 10 ans ! ce projet de carrière solo me tire; vous savez, je pourrai faire un spectacle sous mon nom ! Je voulais dire aussi que je vais mieux, beaucoup mieux que ces derniers mois, sorti de cette période qui m’avait trimballé un peu partout où je n’aurai pas aimé allé après la mort de ma mère, l’écriture de l’album, la rédaction du livre et le reste qui a suivi, la tournée, la promo, les rencontres, les histoires d'amours improbables, les ruptures et leurs déceptions puis les retrouvailles évidentes entre toutes, claire comme de l'eau claire! la route, les colères, le doute, les nuits endormies ou réveillé, les doutes encore,les médicaments, de beaux spectacles, des chambres vides ou pleines, des taxis, des bagnoles, des trains, des halls de gare, un ou deux hôpitaux, des examens médicaux, des bars, des salles pour le petit déjeuner, des after, des before, des sourires de potes qu'on ne connait pas ou qu'on ne connait plus ou qu'on a envie de revoir, celui d'Alain, de xavier, d'isa et pascal et pascal de Brest ceux que j'ai croisés, celles que j'ai quittées, celle que j'ai retrouvée et qui a tout largué pour moi! Retour de PARIS ! un rendez vous avec Gérard Bourgeois au téléphone, mon copain qui a écrit ces chansons pour Brigitte Bardot « la Madrague », « il suffirait de presque rien » pour Serge Regianni. Véro et Gérard Meyer, Matthias, quelques photos prises encore sur la route ! je ne me souviens pas de tout; quand je suis ici, dans ma maison orange, je ne sors pas. Je bosse, dors, mange ou jardine. Je porte cette casquette qui me fait ressembler à Spielberg avec ma barbe grise de trappeur, mes grosses lunettes rouges et mon vieux veston, mon jean et mes baskets défoncées de vieil ado encore à la recherche de son vieux moi. J’aime bien mon look un peu dégommé de quinqua écrivain et j’adore l’idée de jouer à l’acteur avec ce look là. Faut que j’apprenne mes nouveaux textes ! Payé mes dettes et je n’ai plus de sous ! Je mange peu et vis à l’économie... Peu de travail en avant. Je dors pourtant déjà mieux ! Drôles de journées à Paris donc ou j’ai marché un peu, acheté des livres et fait quelques rendez vous assez improbables. Me demande où en sont tous mes projets ! Dès que quelque chose se termine, faut que je recommence ailleurs. Est-ce de la paresse que je dissimule sous une sorte d’hyperactivité ? je pense que oui bien sur ; je suis un vrai faignant. Plus de nouvelles de ma famille, de mes sœurs qui ont totalement disparues avec leurs jalousies et leurs aigreurs. Seuls mes enfants viennent parfois, quelques amis, des proches, Lolo et puis de moins en moins de monde. A une époque, cette solitude m’aurait effrayée ! mais je ne suis pas si seul, donc. J’ai écrit un texte pour le prochain carnet de route, puis ce texte en forme de récit ou de conte pour le prochain album plein de nouvelles en forme de musique. J’écoute André Minvielle, le bordel quoi!plein d'idées en vrac, au kilomètre! je ne saurai jamais en faire autant! mais là, j'écoute Nougaro et mon vieil oncle chanteur me donne une fois de plus une leçon, de phrasé, de timbre, d'images simples et belles: "y 'en a qui voient la vie en rose, moi c'est en noir au 7ème ciel!" ! J’aimerai voir la vie comme il la voyait ! il a toujours une chanson qui parle de moi.
C’était un lundi soir...

09 Novembre 2008
Pendant que j’écris ces quelques lignes, il y a en fond sonore la musique de Mary Poppins. Je me souviens quand je suis allé voir ça avec ma soeur. J’étais petit. J’en rêvais. C’était l’année du mariage de ma sœur aînée et personne ne voulait m’y accompagner. C’était un lundi soir et j’ai eu du mal à aller à l’école le lendemain matin. J’ai du le revoir 112 fois depuis avec mes propres enfants. En cette soirée de dimanche, F... cuisine et j’ai une impression de calme et de plénitude que je n’ai plus connue depuis des années. Je suis assis sur le canapé rouge- mon préféré- et je travaille sur ce nouveau projet, sur le dossier qui doit le soutenir financièrement jusqu’à son aboutissement, sa tournée. Je pense à cette tournée de deux jours, la première à Grenoble à la Bobine, la seconde lors du festival « les oreilles en pointe » ! Départ le matin vers 10 heures, arrivée vers 17 heures, alors qu’on aurait du y être un peu plus tôt ! Balance rapide comme d’habitude ! Nous sommes en quatuor, guitare, accordéon, contrebasse et moi ! Dans la voiture nous parlons du projet. J’ai au téléphone les gens de la maison de disque ! Pendant ma sieste, le téléphone sonne encore et je continue à parler encore de ce projet ainsi que de son financement. Je ne dors pas,ou pas assez pour me sentir plus en forme le soir, après 8 heures de route ! Plusieurs organisateurs du spectacle viennent me parler de l’album « assez de pognon » je dîne avec le groupe autour d’un repas léger servi par Jérôme. Le concert se passe assez bien. Plusieurs personnes connaissent nos chansons parmi le public et le groupe joue bien. Emmanuelle, l’ex compagne de Christophe, ma seule invitée de la soirée s’assoit à côté de moi pendant la dédicace de la fin du concert. Les gens se succèdent et me donnent parfois un avis enthousiaste sur le groupe, les musiciens, les chansons… Je demande à Emmanuelle « Comment as-tu trouvé le concert ? » « -mouais ! J’ai bien aimé la seconde partie ! le copain avec qui j’étais est parti. Il a trouvé ça pas mal dans l’ensemble !» L’équipe de « la bobine » nous offre un verre d’alcool de poire à la fin du concert ! La plupart d’entre eux ne nous ont pas vus, ayant servi au bar, accueillis les spectateurs à la billetterie. Un autre gars qui s’appelle Jérome nous a vu le jour ou je suis devenu intermittent, quand j’ai quitté mon travail, à Saint Hugues, au journée Jacques Brel, à côté de Grenoble. Je parle de ce concert dans mou bouquin. J’étais convaincu que le lendemain de ce concert, nous serions encore vers Grenoble, mais en fait le concert suivant est vers Saint Etienne. Il doit être filmé par une équipe de tl7. Dès notre arrivée, je travaille sur une interview qui doit être proposée en fin d’après midi ! à l’occasion, je dois rencontrer un journaliste de Chorus ; 7 cameramen s’installent autour de la scène. Nico règle les éclairages et nous sommes accueillis pas Tibère. Je vais me détendre un matelas dans la loge ; je coupe mon téléphone mais un jeune caméraman vif et marrant se précipite au pied du matelas pour me poser des questions sur le groupe ! Je me chausse et assez vite, je pontifie devant le bar en face de la salle ; je parle de la chanson, du marché du disque, je parle de ma vie et je me retrouve au milieu des musiciens, un verre de vin blanc à la main. Gilles et moi bavardons et je lui dis à quel point je trouve qu’il a progressé depuis la série de concert à Tulle pour le festival d’accordéon « les nuits de nacre ». Plus tard, je regarde le concert de notre première partie ! belle énergie, une batteuse et une violoniste magnifiques, de beaux textes un peu noyés dans le flot agressif du son, mais c’est pas grave ! les sentiments sont là ! Une dame me demande si on comprendra les paroles de nos chansons. Je lui dis que je crois que oui ! Elle restera donc au début du concert car elle doit se lever tôt demain matin ! Michel de Chorus me demande de commenter l’affiche que nous partageons avec les têtes raides, Yves Simon, la grande Sophie, Thomas, Fersen. Des jeunes filles en option cinéma me filment.. je les charrie gentiment et elles rigolent… je parle sans discontinuer d’Yves Simon que j’admire grâce à ses talents d’écrivain, d’auteur de grandes chansons folk comme « qu’est ce que sera demain » « sur les bords de la Moselle » « les Gauloises bleues » ! Visiblement, Michel veut me faire parler des Têtes Raides ! je n’en ai pas envie car on nous a suffisamment comparé à eux alors que je pense que nous nous sommes éloignés de leurs influences depuis 4 ans, depuis l’album précédent, donc…je pense que nous commençons peut être à ressembler un peu à nous-mêmes ! Je danse et chante ce soir là en enchaînant tous les morceaux, les uns après les autres ! les gens s’amusent et achètent après le concert tous nos albums. Babeth m’aide à les vendre, à les mettre en rayon… je la remercie en lui offrant mon bouquin ! rapidement, je n’ai plus d’album et la boite est vide ! il ne me reste quelques bouquins. Ce soir là je suis tombé au milieu des gens quand je suis allé danser avec le public. On me voit dans le film m’approcher des plus belles filles. L’adjointe au maire est venue me faire la bise après le concert. Je me suis couché dans une chambre, à côté du grand David après le concert et nous sommes repartis le matin vers 8 heures et demi. Gilles voulait rentrer tôt.
Retour de nuit…

05 Novembre 2008
j’écoute la radio ! je me couche après avoir collées les dernières photos que j’ai retouchées sur un carton. Des taches rouges, des taches jaunes.. la maison est vide ! Aucune présence à mes côtés ! je me demande si je ne vais pas recommencer ce blog que j’avais entrepris pendant 4 ans ! je me suis arrêté parce que je trouvais ça astreignant et que c’était la pleine mode des blogs, des hommes politiques à la moindre actrice ! le mien marchait bien ! j’avais eu des problèmes avec des inconnus, des tatouées, des religieux, des ex, des amis de passage ! et puis, j’ai publié mon carnet de route illustré par José Corréa et j’ai eu l’impression que ça m’avait fait beaucoup de bien. D’autres projets proches de l’édition sont venus et je me suis mis à aimer ça ! J’avais repris un carnet de route à la mort de ma mère, mais ce n’était pas pareil ! j’y ai raconté mon errance de ces derniers mois, mes déceptions amoureuses et ma vie de tous les jours, sur la route et lors de la succession de ma mère. Rien de passionnant, trop introspectif … ce soir, à la télé , on parle de Barak Obama. Les foules en liesse lâchent leur trop plein d’espoir dans ce monde en déglingue..
J’ai publié quelques commentaires sur Myspace…l’un d’entre eux s’appelle « un obscur juif français né en France.. » je vous le propose en fin de texte !
Je ne sors plus beaucoup, j’ai quelques amis, je fais des photos en tournée, je travaille sur ce projet de cd+livre sur le cirque pour le mois de mai et sur ce projet de spectacle de conteur chanteur avec musiciens sous mon nom dans le courant de l’année !j’écris un nouveau projet avec Loic Le Guillanton.
Sans doute un autre projet de carnet de route suivra.
Et puis je jardine, je bosse, je déterre les rosiers que je met un peu plus loin. Je prépare le printemps.
Je commence à me concentrer pour ce concert de demain ! on va passer à la télé.. rendez vous à Grenoble !
Un obscur juif français né en France
Je suis un obscur juif français né en France! Quand je dis à mes fils que je vis très bien le fait d'être un juif né en France, ils me disent que c'est parce que tout le monde le sait et que personne n'ose faire frontalement des remarques désobligeantes aux grands chauves au sens de l'humour douteux ! Mes deux fils en ont marre de subir des plaisanteries foireuses sur l'avarice légendaire des juifs, sur la forme de nos nez, sur nos sexes circoncis, même si ce sont souvent des plaisanteries faites plus par ignorance que par pur antisémitisme. Ils sont à moitié juifs, leur mère ne l'étant pas! Ils se sentent parfois rejetés par une communauté, parfois par une autre. Certes, lorsque je travaillais à la chambre de commerce de ma ville, j'ai eu du mal à me faire accepter, parce que je venais d'une autre région, d'une autre ville (« vous venez d'ou? Votre nom est de quelle origine? ») Certes, j'ai ressenti de la méfiance chez mes collègues coincés parce qu'ils avaient peur de mon arrivisme et de mes dents qui rayaient le parquet, dès que j'annonçais partout la couleur: « je suis juif alors fichez moi la paix avec vos vannes à 2 ronds! » Mais rien ne m'était insupportable, car depuis l'école primaire, j'étais habitué aux quolibets souriants ou malveillants de mes amis. Mon patron me sortait sous prétexte d'humour des bâches redoutables parfois devant mes enfants: "eux aussi sont juifs? Ah ah ah!" je ris de tout mais plus avec n'importe qui!certes, je ne suis pas black, je n'ai aucune singularité physique! Je ne souffre pas du racisme et rien ne me distingue des autres! On me laisse entrer dans les boites de nuits et quand j'ai eu les bonnes fiches de paye, je trouvais aussi facilement qu'un autre à me loger! Voici une autre forme de ségrégation également insidieuse et plus définitive: celle de la fiche de paye insuffisamment élevée!celle de l'intermittent ou du rmiste! Lorsque je travaillais dans les boites de nuit parisiennes, dans les années 80 je subissais les plaisanteries des crânes rasés!c'était les mêmes qui avaient fait la guerre d'Algérie et leur paroles n'était qu'injures racistes envers arabes, noirs, asiatiques, juifs, auvergnats, marseillais! Je ne suis pas basané! Je me suis parfois senti différent : quand j'étais plus jeune, ma propriétaire à Colmar m'a demandé pourquoi j'avais le nez juif! Je me suis senti humilié à maintes reprises : certains de mes musiciens ignoraient au départ mes origines. Ils me parlaient de leur mépris pour les juifs avares qui payaient mal dans le métier... Finalement j'ai déjoué leurs préjugés et ils sont devenus mes amis !ils savent que je suis assez rigoureux et parano sur les questions d'argent. Je sais qu'ils sont fidèles et présents dans ma vie, dans mes difficultés. Marre aussi de ces mecs qui me branchaient sur le problème Israélo-Palestinien des qu'ils savaient que je suis juif: je ne suis pas obligé d'avoir une opinion tranchée ! Je paye mes impôts et travaille en France, je suis français et une partie de ma famille vit en France, aux USA, en Europe et en Israël! J’espère qu'ils vont tous bien! J’ai envie que chaque peuple respecte l'autre: je suis partisan de la paix en Israël, dans le respect des hommes et des femmes de cette région, dans le bons sens humain et humaniste, loin des extrémismes politiques, fanatiques et religieux de tous bords!!Ma famille a été dénoncée par des français pendant la guerre! J'ai parfois été humilié dans des soirées ou un type bourré sortait avec humour des vannes racistes et ordurières sur les noirs, les arabes ou expliquait que les juifs étaient responsables de la crise immobilière, de la crise économique, qu'ils possédaient les meilleures places dans les industries, dans la confection ou dans le show-biz: « tu réussiras parce que t'es juif!! » »tu auras du pognon parce que t’es juif ! » « tu seras un patron parce que t’es juif ! » Je ne me suis jamais gêné pour me casser après avoir vidé mon verre sur le crâne d'un type! J’adorais jouer le coup de poing contre les cons, les beaufs; quand j'étais plus jeune et ça choquait mes consensuels amis qui finissaient par m'éviter! J’ai toujours détesté les vannes racistes de tout poil, n'importe lesquelles! J’ai été moi aussi dans l'avion, dans le camion, qui renvoie, qui passe les frontières!ça m'est arrivé avec des gens de gauche et des gens de droite de vivre des moments pénibles humiliants! Juste humiliants, rien de plus! Je n'ai jamais été frappé ou interdit d'entrée quelque part!j’ai obtenu ce que je voulais et si je ne l’ai pas obtenu professionnellement, c’était souvent à cause de mon incompétence pour le poste, de mon âge, de mon manque de formation, de mon costume ou de ma cravate qui ne correspondaient pas aux critères d’élégance de l’entreprise! J’ai écrit une chanson sur le camp de Drancy! Je l'ai chantée dans une soirée marocaine et j'en ai un souvenir formidable! Des juifs m'ont pourtant boycottés à cause de ma participation à cette soirée humanitaire pour une gamine marocaine handicapée! Ma mère m'avait encouragé à participer à cette soirée: si tu ne tends pas la main personne ne te la tendra!! J’ai également eu des amis qui ne m'adressent plus la parole parce que je suis différent d'eux. Ils ont été rattrapés par la religion et son fanatisme! Je le regrette car nous avons passé de beaux moments ensemble! J’aimais cette façon de nous recevoir chez les uns ou chez les autres ! C’est ça la vraie vie ! Je suis un français! Je suis juif né en france. Ma musique est inspirée du rock de la chanson française et des musiques juives de mon enfance d'après guerre! Mon père était un juif allemand! Ma mère une juive née en Pologne! Quand je renouvelle mes papiers, je dois justifier de ma nationalité française et je suis resté plusieurs mois sans papiers à la mort de mon père! On a suspendu la retraite de ma mère pour qu'elle puisse prouver qu'elle avait été naturalisé française! Ça a duré plusieurs mois! Mon père s'est battu pour la France! Ils ont échappé à la déportation; ils ont été dénoncés par des français!je ne connais plus personne comme moi: je ne crois pas en dieu! Je n'aime pas dieu! Je crois en l'homme; je ne crois ni en enfer, ni en paradis, mais j'adore pourtant être la maillon d'une chaîne culturelle qui date de l'antiquité, avec ses pratiques et ses rites obscurs!comme j'aime être le maillon d'une chaîne d'amour, de connaissances! j'adore avoir croisé Kafka, Karl Marx,Einstein,Freud Groucho Marx, Rachi le rabbin de la ville de Troyes, Woody Allen, marcel marceau, Albert Cohen, Tristan Bernard;même Chaplin qui n'est pas juif a tout compris de notre âme universelle;je me méfie des mouvements antisémites en France! J’écoute France inter et quand j'entends une rumeur, je dis "ça c'est du bidon!"Cet attentat dans le RER est bidon! Cette agression est bidon! C’est une rumeur, une manipulation dont le prétexte m'échappe et qui discrédite toute forme d’agression contre les minorités! Toute agression contre un juif n'est pas un acte antisémite! pourtant certains actes de vandalismes contre des synagogues, contre des hommes et des femmes, des gamins, une montée certaine des mouvements d'extrêmes droite ou les rancoeurs des jeunes de banlieues complètement désinformés m'inquiètent, mais pas plus que ces autobus brûlés, ces femmes humiliées dans les cités ou ailleurs, ce chômage, cette ignorance de l'autre, de son désarroi, ces gamins à qui l'ont fait faire n'importe quoi parce que chacun a besoin de se raccrocher à des certitudes..
Je suis un obscur juif français né en France
Patrick Ochs
Patrick Ochs (essai, d’après le titre du beau livre de Pierre Goldman que je vous conseille « Souvenirs obscurs d'un Juifs polonais né en France »)
J’ai publié quelques commentaires sur Myspace…l’un d’entre eux s’appelle « un obscur juif français né en France.. » je vous le propose en fin de texte !
Je ne sors plus beaucoup, j’ai quelques amis, je fais des photos en tournée, je travaille sur ce projet de cd+livre sur le cirque pour le mois de mai et sur ce projet de spectacle de conteur chanteur avec musiciens sous mon nom dans le courant de l’année !j’écris un nouveau projet avec Loic Le Guillanton.
Sans doute un autre projet de carnet de route suivra.
Et puis je jardine, je bosse, je déterre les rosiers que je met un peu plus loin. Je prépare le printemps.
Je commence à me concentrer pour ce concert de demain ! on va passer à la télé.. rendez vous à Grenoble !
Un obscur juif français né en France
Je suis un obscur juif français né en France! Quand je dis à mes fils que je vis très bien le fait d'être un juif né en France, ils me disent que c'est parce que tout le monde le sait et que personne n'ose faire frontalement des remarques désobligeantes aux grands chauves au sens de l'humour douteux ! Mes deux fils en ont marre de subir des plaisanteries foireuses sur l'avarice légendaire des juifs, sur la forme de nos nez, sur nos sexes circoncis, même si ce sont souvent des plaisanteries faites plus par ignorance que par pur antisémitisme. Ils sont à moitié juifs, leur mère ne l'étant pas! Ils se sentent parfois rejetés par une communauté, parfois par une autre. Certes, lorsque je travaillais à la chambre de commerce de ma ville, j'ai eu du mal à me faire accepter, parce que je venais d'une autre région, d'une autre ville (« vous venez d'ou? Votre nom est de quelle origine? ») Certes, j'ai ressenti de la méfiance chez mes collègues coincés parce qu'ils avaient peur de mon arrivisme et de mes dents qui rayaient le parquet, dès que j'annonçais partout la couleur: « je suis juif alors fichez moi la paix avec vos vannes à 2 ronds! » Mais rien ne m'était insupportable, car depuis l'école primaire, j'étais habitué aux quolibets souriants ou malveillants de mes amis. Mon patron me sortait sous prétexte d'humour des bâches redoutables parfois devant mes enfants: "eux aussi sont juifs? Ah ah ah!" je ris de tout mais plus avec n'importe qui!certes, je ne suis pas black, je n'ai aucune singularité physique! Je ne souffre pas du racisme et rien ne me distingue des autres! On me laisse entrer dans les boites de nuits et quand j'ai eu les bonnes fiches de paye, je trouvais aussi facilement qu'un autre à me loger! Voici une autre forme de ségrégation également insidieuse et plus définitive: celle de la fiche de paye insuffisamment élevée!celle de l'intermittent ou du rmiste! Lorsque je travaillais dans les boites de nuit parisiennes, dans les années 80 je subissais les plaisanteries des crânes rasés!c'était les mêmes qui avaient fait la guerre d'Algérie et leur paroles n'était qu'injures racistes envers arabes, noirs, asiatiques, juifs, auvergnats, marseillais! Je ne suis pas basané! Je me suis parfois senti différent : quand j'étais plus jeune, ma propriétaire à Colmar m'a demandé pourquoi j'avais le nez juif! Je me suis senti humilié à maintes reprises : certains de mes musiciens ignoraient au départ mes origines. Ils me parlaient de leur mépris pour les juifs avares qui payaient mal dans le métier... Finalement j'ai déjoué leurs préjugés et ils sont devenus mes amis !ils savent que je suis assez rigoureux et parano sur les questions d'argent. Je sais qu'ils sont fidèles et présents dans ma vie, dans mes difficultés. Marre aussi de ces mecs qui me branchaient sur le problème Israélo-Palestinien des qu'ils savaient que je suis juif: je ne suis pas obligé d'avoir une opinion tranchée ! Je paye mes impôts et travaille en France, je suis français et une partie de ma famille vit en France, aux USA, en Europe et en Israël! J’espère qu'ils vont tous bien! J’ai envie que chaque peuple respecte l'autre: je suis partisan de la paix en Israël, dans le respect des hommes et des femmes de cette région, dans le bons sens humain et humaniste, loin des extrémismes politiques, fanatiques et religieux de tous bords!!Ma famille a été dénoncée par des français pendant la guerre! J'ai parfois été humilié dans des soirées ou un type bourré sortait avec humour des vannes racistes et ordurières sur les noirs, les arabes ou expliquait que les juifs étaient responsables de la crise immobilière, de la crise économique, qu'ils possédaient les meilleures places dans les industries, dans la confection ou dans le show-biz: « tu réussiras parce que t'es juif!! » »tu auras du pognon parce que t’es juif ! » « tu seras un patron parce que t’es juif ! » Je ne me suis jamais gêné pour me casser après avoir vidé mon verre sur le crâne d'un type! J’adorais jouer le coup de poing contre les cons, les beaufs; quand j'étais plus jeune et ça choquait mes consensuels amis qui finissaient par m'éviter! J’ai toujours détesté les vannes racistes de tout poil, n'importe lesquelles! J’ai été moi aussi dans l'avion, dans le camion, qui renvoie, qui passe les frontières!ça m'est arrivé avec des gens de gauche et des gens de droite de vivre des moments pénibles humiliants! Juste humiliants, rien de plus! Je n'ai jamais été frappé ou interdit d'entrée quelque part!j’ai obtenu ce que je voulais et si je ne l’ai pas obtenu professionnellement, c’était souvent à cause de mon incompétence pour le poste, de mon âge, de mon manque de formation, de mon costume ou de ma cravate qui ne correspondaient pas aux critères d’élégance de l’entreprise! J’ai écrit une chanson sur le camp de Drancy! Je l'ai chantée dans une soirée marocaine et j'en ai un souvenir formidable! Des juifs m'ont pourtant boycottés à cause de ma participation à cette soirée humanitaire pour une gamine marocaine handicapée! Ma mère m'avait encouragé à participer à cette soirée: si tu ne tends pas la main personne ne te la tendra!! J’ai également eu des amis qui ne m'adressent plus la parole parce que je suis différent d'eux. Ils ont été rattrapés par la religion et son fanatisme! Je le regrette car nous avons passé de beaux moments ensemble! J’aimais cette façon de nous recevoir chez les uns ou chez les autres ! C’est ça la vraie vie ! Je suis un français! Je suis juif né en france. Ma musique est inspirée du rock de la chanson française et des musiques juives de mon enfance d'après guerre! Mon père était un juif allemand! Ma mère une juive née en Pologne! Quand je renouvelle mes papiers, je dois justifier de ma nationalité française et je suis resté plusieurs mois sans papiers à la mort de mon père! On a suspendu la retraite de ma mère pour qu'elle puisse prouver qu'elle avait été naturalisé française! Ça a duré plusieurs mois! Mon père s'est battu pour la France! Ils ont échappé à la déportation; ils ont été dénoncés par des français!je ne connais plus personne comme moi: je ne crois pas en dieu! Je n'aime pas dieu! Je crois en l'homme; je ne crois ni en enfer, ni en paradis, mais j'adore pourtant être la maillon d'une chaîne culturelle qui date de l'antiquité, avec ses pratiques et ses rites obscurs!comme j'aime être le maillon d'une chaîne d'amour, de connaissances! j'adore avoir croisé Kafka, Karl Marx,Einstein,Freud Groucho Marx, Rachi le rabbin de la ville de Troyes, Woody Allen, marcel marceau, Albert Cohen, Tristan Bernard;même Chaplin qui n'est pas juif a tout compris de notre âme universelle;je me méfie des mouvements antisémites en France! J’écoute France inter et quand j'entends une rumeur, je dis "ça c'est du bidon!"Cet attentat dans le RER est bidon! Cette agression est bidon! C’est une rumeur, une manipulation dont le prétexte m'échappe et qui discrédite toute forme d’agression contre les minorités! Toute agression contre un juif n'est pas un acte antisémite! pourtant certains actes de vandalismes contre des synagogues, contre des hommes et des femmes, des gamins, une montée certaine des mouvements d'extrêmes droite ou les rancoeurs des jeunes de banlieues complètement désinformés m'inquiètent, mais pas plus que ces autobus brûlés, ces femmes humiliées dans les cités ou ailleurs, ce chômage, cette ignorance de l'autre, de son désarroi, ces gamins à qui l'ont fait faire n'importe quoi parce que chacun a besoin de se raccrocher à des certitudes..
Je suis un obscur juif français né en France
Patrick Ochs
Patrick Ochs (essai, d’après le titre du beau livre de Pierre Goldman que je vous conseille « Souvenirs obscurs d'un Juifs polonais né en France »)
















